Carrefour historique, la ville de Chasse-sur-Rhône bénéficie depuis l’antiquité de sa proximité des axes commerciaux que sont le Rhône et l’axe romain reliant Vienne à Lyon (Vienna / Lugdunum). Les documents historiques attestent d’une orientation commerçante précoce de la commune, même si l’agriculture y reste longtemps prépondérante.

Hauts fourneaux

Si l’on sait qu’en 1806, des chassères exploitaient déjà des mines de plomb sur la commune et que de nombreuses tuileries se sont installées au bord du Rhône au milieu du XIXème siècle, l’essor industriel de la ville se fait avec la création en 1855 de la Société des Hauts Fourneaux qui installe un Haut-fourneau à Chasse, une installation qui permet d’obtenir de la fonte à partir de minerai de fer brut. Le charbon vient alors de la région de Saint Etienne et le minerai de La Verpillière et Saint Bel. Cette industrie traversera plusieurs crises au XIXème siècle, contribuera à la première guerre mondiale par la fabrication d’obus. Les prisonniers allemands sont installés dès 1917 dans des cantonnements et fabriquent les obus. Le recours à des travailleurs étrangers est alors important et ceux-ci succéderont aux prisonniers allemands dans les cantonnements par vagues successives : italiens, arméniens, maghrébins... préfigurent alors la commune plurielle actuelle.
La crise de 1930 impactera cependant durablement l’activité, relancée par la seconde guerre mondiale. Les Hauts fourneaux produisent jusqu’à 200 000 tonnes de fonte en 1963, année du déclin brutal de la Compagnie, liquidée deux ans plus tard. La tradition industrielle de la ville sera conservée avec l’installation successive d’acteurs industriels majeurs sur la zone de l’Islon.


Infrastructures

Les Hauts fourneaux ont fortement été influencés par les infrastructures existantes et ont marqué la ville de leur empreinte. Attirés par la centralité de la ville, l’eau du Rhône nécessaire au process et ses axes commerciaux, ils vont y attirer en retour le chemin de fer dans les années 1870, et contribuer à l’amélioration de l’état des routes.
Qui dit usines dit ouvriers. Pour les loger, quatre cités ouvrières sont construites. Elles auront une influence directe dans le développement de la distribution d’eau potable ou des égouts.


Cantonnement

La population de Chasse-sur-Rhône a été profondément influencée par les cantonnements situés sur son territoire. Ces logements étaient initialement destinés à accueillir les prisonniers de guerre allemands.
Ils ont par la suite vu passer sous leurs toits de tôles les grandes vagues de migrations stimulées par l’activité industrielle locale : italiens, portugais, arméniens, maghrébins... y ont vécu avant de s’installer dans le reste de la ville.
Vous trouverez encore quelques-uns de ces logements dans le quartier du Château.
Cette histoire récente fait l’objet d’un travail de collecte de photos d’époque et de témoignages, animé par le Centre social et l’ADATE (Association Dauphinoise d’Accueil de Travailleurs Etrangers). Ce travail se poursuivra en 2016 et 2017.
Apportez-leur vos archives et souvenirs !


Joute

La joute est une pratique qui remonte au temps des pharaons, traditionnelle chez les mariniers. Ce loisir croise des besoins plus fonctionnels : la gestion de l’impétuosité d’un fleuve pas encore dompté par les barrages pour laquelle la Société de sauvetage est nécessaire et l’absence de pont jusque la fin des années 1830 ont amené une tradition de barque utile et sportive sur la commune. Dans les années 1960, la commune installe un bassin de joute dans le quartier des Escalières. Utilisé depuis par le club, il accueille régulièrement les compétiteurs de barque et joute. Après le championnat de France en 2011, la Coupe de France y est disputée en 2016.

 

Références

Vous trouverez un panorama plus précis et complet dans plusieurs ouvrages :